16/08/2010

ALBUM COVER /// A CERTAIN RATIO 'THE DOUBLE TWELVE INCH' (Factory Records-1980)

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RAVI SHANKAR 'TRANSMIGRATION MACABRE' /// FREE RAGAS

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Ravi Shankar composa Transmigration Macabre pour le film anglais d'art et d'essai Viola qui traite de l'éventuelle victoire d'un homme possédé, persuadé que sa femme défunte lui est revenue pour le poursuivre sous la forme d'un chat. Les compositions retracent le combat émotionnel du mari tentant de surmonter l'influence machiavélique de sa femme après la mort.
 
De Ravi Shankar je ne connaissais rien; ou alors seulement la légende. Avec Transmigration Macabre, j'ai pénétrer un univers pourtant bien éloigné des compositions classiques indiennes, rappelant que Ravi Shankar est avant tout un compositeur surdoué, contemporain, n'ayant jamais hésité à se retrouver en terrain inconnu, à mille lieux de sa propre tradition millénaire. Philip Glass, André Previn, L'Orchestre Symphonique de Londres se sont tous associés au maître indien.
 
Il est bien-entendu quelque peu dérisoire de vouloir commenter une musique spécialement composée pour un film lorsque l'on a pas vu ce dernier. Cependant, après lecture du synopsis et dès les premières mesures de Death, premier morceau d'une suite de titres évocateurs (Transmigration, Retribution, Reflection, Madness, Fantasy, Anxiety, Torment, Submission), je vous assure que vous massacreriez le premier chat venu.

Tout l'attrait de l'album réside également dans l'attention particulière portée au jeu de percussions, rebondissant dans des jeux de miroirs continus et surtout à la présence des Structures Sonores. Les frères Baschet développèrent à partir de 1952 une série d'instruments capables de produire des palettes et textures sonores nouvelles et qui allaient révolutionner le rapport entre son et sculpture. Bien que largement incorporées en musiques classiques et contemporaines, Transmigration Macabre prouve que les Structures Sonores ont aussi leur place au sein du jeu modal indien. Kamala Chakravarti use de l'aspect percussif de ces structures de verre et de métal, créant des effets hallucinatoires. Un album hautement recommandé.

15/07/2010

SUGAR MINOTT /// R.I.P. (1956-2010)

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Une autre grande voix du reggae s'est éteinte le 10 juillet dernier. Sugar Minott aura marqué tant la période roots reggae que le early dancehall. Je retiendrai son chef d'oeuvre 'Black Roots' sorti sur son label éponyme.


 

20/06/2010

ALBUM COVER /// JOHN ZORN 'THE DREAMERS' (Tzadik-2008)

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On continue dans la série Tzadik/Zorn. Heung-Heung Chin est devenue la designeuse exclusive de Tzadik depuis 1998 et pond une fois encore un visuel  impéccable, onirique cette fois pour illustrer les délires rêveurs de l'Electric Masada. Le tout accompagné d'un collector d'auto-collants de petits êtres monstrueux.

07/06/2010

LAWRENCE ENGLISH 'KIRI NO OTO' /// LE SON DE LA BRUME

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On ne peut évoquer la scène électronique contemporaine australienne sans évoquer Lawrence English. En l'espace d'une dizaine d'années, le compositeur-curateur s'est imposé comme une figure incontournable, imposant sa marque tant via son label Room40 (Marisa Rosenfeld, Tujiko Noriko, Sebastien Roux, Dj Olive, Luc Ferrari, Matt Rösner...) que par ses propres sorties puisant tant dans le domaine du Field Recordings (Ghost Towns) que dans les dissonances ambient (Studies For Stradbroke, For Varying Degrees Of Winter).


Signé sur Touch, Kiri No Oto est un concept album, le premier d'une série, transposant les effets de brouillard à des contextes sonores divers. Dans un environnement brumeux, la vue est altérée, se focalisant tantôt sur l'ensemble, ou tentant plutôt de discerner le détail dissimulé. Lawrence English réalise le transfert au contexte sonore au départ de prises de son réelles; field recordings réalisés au gré de ses nombreux voyages en environnements variés; passées au travers de processus d'hypersaturation et de variations de fréquences et de volumes.


Pour en faire pleinement l'expérience, Kiri No Oto se doit d'être écouté d'une traite, les yeux fermés. Vous discernerez furtivement des éléments sonores familiers qui perdront leur corporalité pour se retrouver dans des champs plus vastes, inconnus. L'attention se modifie sans cesse, la perspective auditive se déplace et l'auditeur choisit de discerner ce que son oreille lui dicte. Attention, la comparaison au contexte visuel tient davantage de la tempête en haute mer qu'à la promenade dans la brume de par chez nous. J'ai réalisé une interview de Lawrence English pour Qwartz que pouvez visionner ici.